Métier17 octobre 20264 min de lecture

Transmissions ciblées : la méthode DAR, simplement

Cible, données, actions, résultats : écrire des transmissions ciblées claires, aide-soignant ou infirmier, avec des exemples et les erreurs à éviter.

Deux personnes relisent un document stylo en main

L'essentiel en 30 secondes

  • La cible nomme le problème en un ou deux mots : une chute, un refus de soin, une douleur. Jamais un acte de soin.
  • Sous la cible, trois temps : D pour les données observées, A pour les actions menées, R pour les résultats.
  • Des faits, pas des jugements : « crie et repousse le gant » plutôt que « agressive ».

Une transmission sert à une chose : que la collègue qui arrive sache, sans vous appeler, ce qui s'est passé et ce qu'il faut surveiller. Quand on remplace dans un établissement, c'est encore plus vrai : l'équipe suivante ne vous connaît pas. La méthode des transmissions ciblées, enseignée en IFAS et en IFSI, est faite pour ça.

La cible : un problème, en un ou deux mots

La cible est un énoncé très court d'un problème particulier observé chez la personne : un symptôme, un comportement, un changement de son état. Ce n'est ni un diagnostic médical, ni un acte de soin. « Toilette » n'est pas une cible ; « refus de toilette » en est une.

Exemples de cibles courantes en EHPAD : chute, refus de soin, douleur, agitation, troubles de la déglutition, constipation, rougeur au sacrum, perte d'appétit, angoisse du soir.

À côté des cibles, on trouve parfois une macrocible: un résumé de la situation globale de la personne à un moment donné, à l'entrée, en cours de séjour ou à la sortie.

D, A, R : les trois temps

  • D, les données: ce que vous avez vu, entendu, mesuré. Des faits, avec l'heure.
  • A, les actions : ce que vous avez fait, ou fait faire, en réponse.
  • R, les résultats: ce que ça a donné. Si le résultat n'est pas encore connu, on le note plus tard, ou c'est la collègue suivante qui le complète.

Deux exemples

Cible : refus de toilette

  • D : à 8 h, Mme L. repousse le gant, dit « pas maintenant, laissez-moi ». Calme ensuite.
  • A : soin différé, nouvelle proposition à 10 h par une autre soignante.
  • R : toilette acceptée à 10 h 15, sans opposition.

Cible : chute

  • D : à 3 h 10, M. R. retrouvé assis au sol à côté de son lit. Conscient, dit avoir voulu aller aux toilettes. Se plaint de la hanche droite.
  • A: infirmière prévenue à 3 h 12, M. R. laissé au sol au chaud jusqu'à son évaluation, présence à ses côtés.
  • R: évalué par l'infirmière à 3 h 20 (voir ses transmissions), recouché à 3 h 35, sonnette à portée de main.

Les règles qui font une bonne transmission

  • Lisible, claire, précise, concise. Pas de roman, pas d'abréviation maison que personne ne comprend.
  • Objective. « Agressive », « pénible », « capricieux » sont des jugements ; « crie, repousse la main, refuse le repas » sont des faits. Les faits aident la suite, les jugements collent une étiquette.
  • Datée, dans l'ordre, et signéepar la personne qui l'écrit.
  • Écrite juste après le soin ou l'observation, pas en fin de poste de mémoire.
  • Sans doublon avec le diagramme de soins: les soins réguliers et répétitifs (changes, repas, retournements) se cochent dans le diagramme ; la transmission ciblée est réservée à ce qui sort de l'ordinaire.

Et à l'oral ?

La transmission orale suit le même ordre : le problème, ce que vous avez vu, ce que vous avez fait, où on en est. Elle ne remplace pas l'écrit : ce qui n'est pas écrit n'existe pas pour l'équipe de demain.

Pour arriver serein dans un établissement que vous ne connaissez pas, voyez aussi la check-list du premier jour.

Sources : Éditions Foucher, fiche de synthèse sur les transmissions ciblées (définition de la cible et de la macrocible, organisation en cibles, données, actions et résultats, règles de rédaction, diagramme de soins). Les exemples sont inventés pour illustrer la méthode ; les règles propres à chaque établissement (logiciel, abréviations admises) s'appliquent en priorité. Dernière vérification : 17 octobre 2026.