
Premier jour dans un EHPAD inconnu : la check-list
Arriver dans un EHPAD qu'on ne connaît pas : les questions à poser dans les dix premières minutes, les résidents à risque, le dossier de liaison d'urgence.

L'essentiel en 30 secondes
- Arrivez un quart d'heure en avance et demandez qui est votre référent pour la journée.
- Avant le premier soin : les textures et régimes, les résidents à risque de chute ou de sortie, les allergies.
- Sachez où se trouve le dossier de liaison d'urgence et qui appeler la nuit.
Remplacer dans un établissement qu'on ne connaît pas, c'est travailler sans repères : on ne sait pas où est le linge, qui mange mixé, qui se lève seul et qui ne doit surtout pas le faire. Les résidents, eux, comptent sur vous comme sur les soignants habituels. En EHPAD, plus de 90 % d'entre eux présentent des troubles neuropsychiatriques et 70 % ont besoin d'aide pour manger, selon l'INRS : l'improvisation n'a pas sa place. Voici l'ordre dans lequel s'organiser.
En arrivant : dix minutes qui font la journée
- Arrivez un quart d'heure en avance. Le temps de trouver le vestiaire, sa tenue, le bon étage.
- Présentez-vousà l'infirmière ou à la cadre de garde, et demandez qui est votre référent pour la journée : la personne à qui poser vos questions sans gêner tout le service.
- Récupérez ce qui ouvre les portes : badge, codes des unités, accès au logiciel de soins si vous devez y tracer vos soins.
- Demandez le plan de soins ou le planning des résidents de votre secteur : qui se lève, à quelle heure, avec quelle aide.
Avant le premier soin : ce qui ne se devine pas
- Les textures et les régimes. Mixé, haché, eau gélifiée, diabétique, sans sel : une erreur de texture peut provoquer une fausse route.
- Les résidents à risque de chute, et ceux qui ne doivent pas se lever seuls.
- Les risques de sortie en unité protégée : qui cherche les portes, à quels moments.
- Les allergies et les consignes particulières (contention prescrite, isolement, fin de vie).
- Le matériel : où sont le lève-personne, les draps de glisse, le chariot de change, et comment ils se règlent.
Savoir quoi faire en cas d'urgence
Chaque EHPAD tient pour chaque résident un dossier de liaison d'urgence(DLU), un document de synthèse actualisé en 2015 par la Haute Autorité de santé. Il rassemble les informations administratives, médicales et de soins essentielles, il doit être accessible à toute heure, et une copie papier accompagne le résident s'il part aux urgences. La nuit, il arrive que ce soit une aide-soignante qui remplisse la fiche de transfert.
Demandez donc dès l'arrivée :
- où sont rangés les DLU ;
- qui appeler la nuit (infirmière d'astreinte, cadre) et comment joindre le 15 ;
- où se trouvent le chariot d'urgence et l'extincteur le plus proche ;
- les consignes en cas d'incendie et le point de rassemblement.
En partant : des transmissions qui servent
Votre dernier geste compte autant que le premier : des transmissions claires, factuelles, signées. L'équipe qui vous suit ne vous connaît pas et ne pourra pas vous rappeler. La méthode la plus répandue est expliquée dans transmissions ciblées : la méthode DAR.
Et si une situation vous a mis mal à l'aise (un soin que vous n'avez pas pu faire, un comportement inquiétant), dites-le avant de partir. Un remplaçant qui signale est un remplaçant qu'on rappelle.
Sources : Haute Autorité de santé, dossier de liaison d'urgence (DLU-Ehpad), actualisé en 2015 avec l'ANESM, présenté par la MACSF dans « Qu'est-ce qu'un DLU ? » (accès à toute heure, copie papier lors d'un transfert, fiche de transfert parfois remplie par une aide-soignante la nuit) ; INRS, page « EHPAD », mise à jour du 3 avril 2026 (résidents présentant des troubles neuropsychiatriques, aide au repas). Dernière vérification : 17 octobre 2026.
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