Métier17 octobre 20264 min de lecture

Résident agité ou agressif : les bons réflexes

Agitation, cris, opposition, gestes violents d'un résident avec troubles cognitifs : chercher la cause, désamorcer, se protéger, transmettre.

Des soignantes et des résidents réunis pour une activité dans une maison de retraite

L'essentiel en 30 secondes

  • Chercher d'abord une cause : douleur, envie d'uriner, constipation, infection, bruit, peur.
  • Ne pas insister : différer le soin, revenir plus tard, ou passer la main à une collègue.
  • Se mettre à l'abri si besoin, prévenir, puis transmettre ce qu'on a observé.

En EHPAD, la grande majorité des résidents vivent avec des troubles cognitifs. Cris, déambulation, refus de soin, gestes brusques : ces comportements font partie du quotidien, et quand on remplace, on ne connaît ni la personne, ni ce qui l'apaise d'habitude. Ce n'est presque jamais dirigé contre vous. C'est une façon de dire que quelque chose ne va pas.

Chercher la cause avant tout

La Haute Autorité de santé, dans ses recommandations sur les troubles du comportement dans la maladie d'Alzheimer, demande de chercher en priorité une cause, à traiter avant toute autre chose :

  • une cause physique: une douleur, une rétention d'urine, un fécalome (constipation importante), une infection ;
  • une cause liée à l'environnement : le bruit, trop de monde, un changement de chambre ou de soignant, une lumière trop forte ;
  • une angoisse intense, une peur.

Pour un aide-soignant, cela veut dire observer et signaler à l'infirmière : depuis quand, à quel moment, pendant quel soin. Une résidente qui s'agite à chaque transfert a peut-être simplement mal.

Sur le moment : désamorcer

Les réflexes que l'on apprend sur le terrain :

  • Se présenter et expliquer, d'une voix calme, en face, à hauteur des yeux : « Bonjour, je m'appelle Julie, je viens vous aider à vous lever. »
  • Un geste à la fois, annoncé avant d'être fait.
  • Ne pas insister. Un soin refusé peut presque toujours attendre un quart d'heure. Revenir plus tard, ou laisser une collègue proposer, désamorce plus de situations qu'un passage en force.
  • Ne pas contredire de frontune personne désorientée : rassurer sur ce qu'elle ressent plutôt que corriger ce qu'elle dit.

La HAS recommande de commencer par ces approches non médicamenteuses, menées par un personnel formé ; les médicaments ne viennent qu'ensuite, sur décision médicale, et jamais en première intention pour des cris, une opposition ou une déambulation.

Se protéger

  • Garder une distance d'un bras quand la personne est très agitée, et toujours une sortie libre derrière soi.
  • Si un geste devient dangereux : s'éloigner, mettre la personne en sécurité si c'est possible, et appeler une collègue ou l'infirmière.
  • Après coup, en parler : à l'équipe, à la cadre. Un coup reçu se signale, même si « elle ne l'a pas fait exprès ».

Transmettre pour la suite

La HAS insiste sur l'écrit : noter ce qui s'est passé, à quel moment, avec qui, et ce qui a apaisé. C'est ce qui permettra à l'équipe de comprendre et d'adapter. Des faits, pas des étiquettes : « crie et repousse le gant pendant la toilette du matin » aide la suite, « agressive » ne l'aide pas. La méthode est détaillée dans transmissions ciblées : la méthode DAR.

Sources : Haute Autorité de santé, « Maladie d'Alzheimer et maladies apparentées : prise en charge des troubles du comportement perturbateurs », recommandations de 2009 (recherche d'une cause somatique, environnementale ou psychique, techniques non médicamenteuses en première intention par un personnel formé, place des psychotropes, recueil écrit des observations, travail en équipe). Les réflexes de terrain décrits ici sont des pratiques courantes, pas une recommandation officielle ; les protocoles de l'établissement s'appliquent en priorité. Dernière vérification : 17 octobre 2026.