
Aide-soignant : protéger son dos au quotidien
Mal de dos chez les soignants : ce que disent les chiffres de l'INRS en EHPAD, la démarche ALM, les aides techniques et les réflexes pour durer dans le métier.

L'essentiel en 30 secondes
- En EHPAD, près des deux tiers des accidents du travail viennent de la manutention, et plus d'un tiers touchent le dos (INRS).
- La démarche ALM : faire faire à la personne ce qu'elle peut faire, et ne compenser que ce qui lui manque.
- Draps de glisse, poignées, lève-personne : l'aide technique n'est pas un luxe, c'est votre dos dans dix ans.
Demandez autour de vous : rares sont les aides-soignants qui n'ont jamais eu mal au dos. Ce n'est pas une fatalité du métier. C'est surtout une affaire de méthode, de matériel et de temps, et ça se travaille.
Ce que disent les chiffres
Selon l'INRS, dans les EHPAD, la manutention est à l'origine de près des deux tiers des accidents du travail. Plus d'un tiers de ces accidents touchent le dos, près d'un tiers les membres supérieurs. Et la quasi-totalité des maladies professionnelles reconnues dans ces établissements sont des troubles musculosquelettiques : dos, épaules, poignets.
La démarche ALM : accompagner, pas porter
L'INRS présente la démarche ALM (pour « accompagner la mobilité de la personne aidée ») comme la solution de prévention des troubles musculosquelettiques liés à la manutention des patients. Son principe tient en une phrase : le professionnel ne compense que les capacités manquantes.
- Évaluer avant chaque déplacement. Ce que la personne peut faire seule change d'un jour à l'autre, et d'une heure à l'autre. Ce qu'elle faisait hier matin ne vaut pas forcément ce soir.
- S'appuyer sur ses mouvements naturels. Se tourner, s'asseoir, se lever : on lui laisse faire chaque étape qu'elle peut faire, et on l'aide seulement pour les autres, par la voix, par un guidage de la main sans soulever, ou avec une aide technique.
- Utiliser l'aide technique adaptée : drap de glisse, poignée de traction, rail au plafond, lève-personne quand la personne ne peut pas participer.
Bonus : une personne qui fait elle-même ce qu'elle peut faire garde ses capacités plus longtemps. Ce qui protège votre dos protège aussi son autonomie.
Les réflexes de tous les jours
- Le lit à la bonne hauteur avant chaque soin, pas après.
- Ne pas soulever seul une personne qui ne participe pas : on demande une collègue ou le lève-personne, même quand le service est chargé.
- Préparer avant de commencer : le matériel à portée de main, la place dégagée autour du lit ou du fauteuil.
- Repérer le matériel en arrivant dans un établissement que vous ne connaissez pas : où sont les draps de glisse et le lève-personne, et comment ils se règlent (voir la check-list du premier jour).
- Signaler tôt une douleur au médecin du travail ou à votre médecin : une douleur qui revient ne se soigne pas toute seule.
Se former : Prap 2S et ALM
La démarche ALM fait partie des formations Prap 2S (prévention des risques liés à l'activité physique, secteur sanitaire et social), dispensées par des organismes et des formateurs habilités. Si vous n'avez jamais été formé, demandez-le à votre employeur : ce sont quelques jours qui servent toute une carrière.
Sources : INRS, page « EHPAD », mise à jour du 3 avril 2026 (part de la manutention dans les accidents du travail, dos et membres supérieurs, maladies professionnelles) ; INRS, « Démarche ALM », mise à jour du 3 avril 2026 (principes, aides techniques, intégration aux formations Prap 2S). Ces repères ne remplacent pas l'avis d'un médecin. Dernière vérification : 17 octobre 2026.
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