D'aide-soignant à fondateur de cabinet : l'histoire d'Alan Valet
Six ans de terrain dans plus de dix services différents en France (urgences, EHPAD, cardio, chirurgie, SSR, psychiatrie) puis un an et demi en EMS Alzheimer dans le canton de Genève. Pourquoi Alan a fondé Choeur Médical et comment ce parcours change la façon de recruter en EHPAD.
À 25 ans, après six ans à enchaîner les services en France et en Suisse, je monte Choeur Médical : le cabinet de recrutement médico-social que j'aurais aimé voir exister quand j'étais aide-soignant en poste.
1. Six ans de terrain, dans à peu près tous les services
J'ai été diplômé de l'IFAS de Bourges en 2020. À partir de là, j'ai fait un choix qui n'est pas le plus courant : au lieu de m'installer durablement dans un seul établissement, j'ai voulu voir le métier sous tous ses angles. Pendant quatre ans en France, j'ai travaillé dans des structures de tailles très différentes, en multipliant les services :
- Urgences : la cadence, le flux continu, les décisions rapides, la coordination immédiate avec les IDE et les médecins. Aucun autre service ne ressemble à celui-là.
- EHPAD: la vie d'équipe sur le long terme, le lien avec les résidents et les familles, les ratios qui font tout basculer.
- Cardiologie et chirurgie : des protocoles précis, un travail très technique, une rigueur sur les gestes et la surveillance post-opératoire.
- SSR (soins de suite et de réadaptation) : la réautonomisation, le travail au long cours avec le patient, la coordination avec les kinés et les ergothérapeutes.
- Hôpital psychiatrique: un autre métier dans le métier. La posture, l'écoute, la gestion de crise, la relation thérapeutique.
À chaque fois, c'est le même diplôme d'aide-soignant, mais ce n'est jamais le même quotidien. Une AS qui a passé six ans en EHPAD ne fera pas les urgences sans formation, et inversement. Cette évidence, beaucoup de cabinets de recrutement la zappent quand ils proposent des candidats.
2. Un an et demi en Suisse pour voir comment ils font
En 2024, je suis parti travailler en Suisse, principalement entre les cantons de Genève et de Vaud. J'ai pris un poste fixe dans un EHPAD pendant un an et demi, et en parallèle j'ai pu intervenir dans plusieurs autres établissements. L'objectif n'était pas la fuite ni le salaire : c'était de voir comment un autre système de santé organise le travail des soignants.
Ce que j'ai retenu, sans angélisme :
- Les ratios résidents/AS y sont souvent meilleurs, mais pas partout. Certains EHPAD français privés indépendants tiennent des ratios tout à fait honorables.
- La place laissée à l'avis du soignant dans les transmissions y est nettement plus reconnue. Ça change beaucoup de choses sur le quotidien.
- La logistique (matériel, équipement, charge papier) y est souvent plus fluide. Mais ce n'est pas une fatalité : c'est une question d'organisation interne, pas de pays.
Je suis rentré en France en 2026 avec une idée claire : il y a des EHPAD privés français qui font très bien tourner leur structure, mais on les trouve difficilement. Et leurs équipes sont mal recrutées parce que les cabinets actuels ne distinguent pas un bon établissement d'un mauvais.
3. Pourquoi le recrutement médical actuel ne marche pas
Pendant six ans, j'ai vu défiler des collègues qui changeaient d'établissement, démissionnaient, se faisaient harceler par des recruteurs sur LinkedIn. J'ai aussi côtoyé des cadres et des directions qui galéraient à recruter, qui payaient des honoraires importants à des cabinets nationaux, et qui se retrouvaient avec des candidats inadaptés.
Le constat est toujours le même, des deux côtés :
- Côté établissement : on me présente des CV qui ne correspondent pas au besoin, personne ne connaît vraiment la spécificité de mon EHPAD, et le candidat repart à 2 mois.
- Côté soignant: on me parle comme à un produit, on me propose des postes que je n'aurais jamais choisis si on m'avait écouté, et mes infos perso traînent partout.
La cause de fond est simple : la plupart des cabinets de recrutement médico-social sont tenus par des commerciaux purs, qui n'ont jamais fait une nuit en service. Ils ne savent pas distinguer un EHPAD où l'équipe tient depuis dix ans d'un EHPAD où le turnover est de 60 % par an. Donc ils placent au volume, pas à la qualité.
4. Pourquoi « Choeur Médical » et pas autre chose
Le nom est venu en deux temps. Choeur, parce qu'une équipe soignante qui marche, c'est une équipe qui chante ensemble. Quand un AS s'en va, c'est une voix qui manque dans le choeur, et le rythme se casse pour tout le monde. Médical, parce que c'est notre périmètre : le soin et le médico-social en Auvergne-Rhône-Alpes (EHPAD privés en priorité au démarrage, mais aussi cliniques, hôpitaux, SSR et HAD du même bassin).
Le logo (la portée musicale qui se transforme en stéthoscope) n'est pas un détail décoratif. C'est une façon de rappeler chaque jour que placer un soignant, ce n'est pas envoyer un CV. C'est composer une équipe.
5. Mes vrais engagements (sans bullshit)
Je n'ai pas envie de promettre des choses que je ne peux pas tenir tous les jours, ni de poser des règles qui font perdre du temps aux directions et aux équipes. Voici ce sur quoi je m'engage, concrètement :
- Je connais le terrain de l'intérieur.Six ans de services différents, ça permet de poser les bonnes questions à un EHPAD comme à un candidat sans avoir à tout redécouvrir. Je comprends la différence entre un poste sur l'aile Alzheimer et un poste en SSR, entre une nuit à 2 AS et une nuit à 4 AS, entre un cadre formé au management et un cadre parachuté sur le poste.
- Je me déplace dans les établissements quand c'est utile et que la direction a le temps.Pas par principe ni pour cocher une case marketing. Si une visite apporte de l'information, on la fait. Sinon, je ne ferai pas perdre une demi-journée à une directrice qui a déjà 50 dossiers sur son bureau.
- Je dis la vérité aux candidats sur les conditions réelles, dans la mesure de ce que je connais ou peux vérifier. Salaire, prime Ségur, ratios, ambiance d'équipe, turnover : tout ce que je peux dire, je le dis. Quand je ne sais pas, je le dis aussi.
- Je préfère ne pas placer plutôt que mal placer. Si je ne suis pas convaincu qu'un candidat tiendra dans un poste, je préfère renoncer à l'honoraire plutôt que d'activer ma garantie de remplacement deux mois plus tard.
- Je publie mes tarifs sur le site. Pas de devis opaques négociés sous pression. Une grille simple : pourcentage du brut chargé annuel selon le métier, garantie de remplacement incluse.
6. Et maintenant ?
Choeur Médical démarre opérationnellement au printemps 2026. La SASU est en cours de création, le compte bancaire pro est ouvert, le site est en ligne, les premiers contacts sont lancés.
Phase 1 (2026-2027): recrutement CDI et CDD en EHPAD privés indépendants à Roanne, Lyon et Saint-Étienne. L'objectif n'est pas le volume, c'est la qualité et la durée des placements.
Phase 2 (2027-2028) : ouvrir une activité de mise à disposition temporaire pour les mêmes EHPAD partenaires, sans changer la logique de proximité et de transparence.
Si vous êtes directeur ou directrice d'EHPAD privé et que vous voulez tester un cabinet qui ne fonctionne pas comme les gros nationaux, parlons-nous. Si vous êtes aide-soignant·e, infirmier·e, IDEC ou jeune sortant·e d'IFAS / IFSIen Auvergne-Rhône-Alpes, déposez votre CV. C'est moi qui regarderai.
Alan Valet, le 28 avril 2026.
On parle vrai recrutement ?
Échange sans engagement, en visio ou par téléphone. On comprend votre besoin et on vous dit franchement ce qu'on peut faire pour vous.

